
Depuis le mois de mars, Roselyne Coupelon
donne des cours de dentelle à son domicile ersteinois (DNA du
10/05/2004). A ses cinq élèves, elle apprend à croiser fils et fuseaux,
habilement et surtout patiemment. Elle espère étendre son auditoire à
la rentrée de septembre.
Aujourd'hui, la leçon se donne en extérieur. Sur la table et les chaises de jardin de la maison de Roselyne Coupelon, s'étalent des livres, des revues, des classeurs... Tous remplis de modèles en dentelle dans lesquels piochent les élèves.
Depuis
le 25 mars, Christiane, Elsa, Clémence, Astrid et Nicole se
familiarisent au maniement des fuseaux sur les conseils de Roselyne.
Après trois mois d'expérience, les cinq dentellières ont délaissé les
figures imposées pour aborder les sujets libres.
Logique et patience
Les
élèves sont appliquées. Les ouvrages réalisés avec seulement quatre
fuseaux sont loin derrière elles. Maintenant, elles jonglent avec
plusieurs dizaines de ces bâtonnets de bois enrubannés de fils.
Pour
ne pas s'emmêler les fuseaux, il faut être « logique »,
insiste Roselyne. Et patient. Le travail est minutieux, et le produit
final long à obtenir. En cas d'erreur, ne pas s'entêter à continuer, au
risque de tout rater. Il faut revenir en arrière pour mieux
recommencer. « Nous passons plus de temps à défaire qu'à
faire », sourit Christiane.
Clémence s'attaque à un motif
d'oiseau coloré. Avant toute chose, il faut préparer ses fuseaux en
constituant une bobine de fil sur l'embout de chacun d'entre eux. Pour
cinquante, ça prend dans les deux heures. La dentelle comme éloge de la
lenteur. Un rythme qui peut, quelquefois, être accéléré, le mari d'Elsa
ayant divisé par deux le temps d'« embobinage » grâce à
« sa visseuse électrique ».
C'est
ce chemin à parcourir avant de toucher au but qui a plu à Roselyne
quand elle a commencé la dentelle il y a sept ans à Beaumont, près de
Clermont-Ferrand. « Ce qui est prenant, c'est qu'on ne peut pas
aller vite, on voit petit à petit le résultat. Avant, je faisais de
l'aquarelle, et avec trois coups de pinceau j'arrivais à faire quelque
chose. Avec la dentelle, c'est impossible. »
Comme ce
trio de fleurs rose en trois dimensions qu'elle a mis environ 70 heures
à réaliser. Cette excursion dans le volume, elle l'a tentée car elle en
avait « ras-le-bol de faire des napperons ». Ce qui ne
l'empêche pas de confectionner encore de la 2D, avec laquelle elle orne
marque-pages, ronds de serviette ou règles.
Rencontrer du monde
Elle
a voulu partager ce savoir-faire lors de son retour dans la cité
sucrière en septembre dernier, après avoir habitée un peu partout en
France, selon les mutations professionnelles de son époux. Ce dernier à
la retraite, Roselyne, d'origine ersteinoise, a retrouvé sa maison
familiale.
Et a décidé de se faire des amis. « Quand j'ai
su que j'allais vivre à Erstein, je me suis dit qu'il fallait que je
rencontre du monde. Je suis allée proposer des cours de dentelle aux
dames de Chris Couture. »
Des cours qu'elle a envie de
donner à un plus grand nombre de personnes dès la rentrée prochaine.
Pour cela, elle animera une réunion d'information, organisée mercredi
par l'association Ex'prim, afin de présenter la technique dentellière
et ses ouvrages délicats.