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Erstein / A l'Etappenstall

Invitation aux voyages


Marie-Rose Kuntzmann a été séduite par le village Piana, en Corse. (Photo DNA)

Pour son second volet, « Erstein s'expose » propose une sélection d'artistes toujours aussi éclectiques. Au fil des oeuvres, une lucarne vers le monde s'ouvre à la rencontre des autres et d'ailleurs.

 Pour son second vernissage, « Erstein s'expose » a fait le plein. Installées selon le même dispositif que lors de la première partie de la manifestation, les oeuvres remplissent l'espace culturel de leurs couleurs. Occupant trois salles et le vaste couloir, l'exposition conserve sa fraîcheur et surprend l'oeil, grâce à une large diversité d'oeuvres. Ainsi, durant les quinze prochains jours, l'Etappenstall offre ses murs à treize nouveaux artistes d'Erstein.
 Dès les premiers pas, l'attention est accrochée par cet appel vers de nouveaux espaces. Installés sur les murs du couloir, les tableaux de Jacques Stegel représentent quelques scènes venues d'Afrique ou de contrées plus proches. Dans la première salle, ce sentiment se renforce : les toiles d'Adelin Weirstein reproduisent avec une troublante vraisemblance des instants captés çà et là au détour du monde. « Je peins à partir de photos. Cette passion me permet de voyager pour pas cher », explique-t-il. Accrochées, les huiles font étrangement cohabiter des peuples mayas, tamouls ou tibétains.
 Comme un effet de miroir, dans la troisième salle, quelques tableaux semblent lui répondre. Ce sont les oeuvres de Marie-Rose Kuntzmann  : « Elles sont nées de mes voyages », commente l'artiste. Ici, c'est un travail plus nuancé, car c'est un autre regard qui s'est posé sur ces instants. Les paysages s'imposent d'eux-mêmes avec une certaine fragilité, comme si le peintre cherchait à capter une harmonie fugitive. Dans cette même salle, les réalisations du CAT d'Erstein (centre d'aide par le travail) semblent s'engager sur cette même quête : faire naître un moment de poésie. Troublante et sincère, chaque oeuvre interroge le visiteur livrant un autre point de vue sur le monde.

Spirale du temps

 Le second regard est entraîné dans la spirale du temps : des clichés de l'ancienne filature, de Pascal Mathis, aux tableaux représentant l'Etappenstall avant sa restauration (Christiane Burg), en passant par ces réalisations de dentelles au fuseau de Roselyne Coupelon, la mémoire joue avec ses souvenirs. Mélangeant patrimoine et tradition, elle se découvre au fur et à mesure des yeux, avec cette attention artistique de retraduire la beauté de l'instant, sans nostalgie passéiste.
 Baladé entre l'espace et le temps, le visiteur retient une impression déroutante : celle d'avoir voyagé à travers une autre dimension.

F.M.

Jusqu'au 29 janvier. Sont exposés à l'Etappenstall Christiane Burg, Pascal Mathis, MC Breysach-Hugget, M.-Rose Kuntzmann, Roselyne Coupelon, Gérard Bédex, Simone Di Vita-Copyloff, Jacques Stegel, Simone Dubois, Adelin Weinstein, Anne Christel Horr, Isabelle Jaeger, Nouveaux horizons.

« Mon souvenir préféré »

Peintre amateur depuis trois ans et demi, Marie-Rose Kuntzmann nous a fait découvrir un tableau qui lui tient particulièrement à coeur.
Il s'agit d'une représentation du village de Piana, dans le centre de la Corse, où Marie-Rose Kuntzmann est passée récemment, lors d'un voyage pendant les vacances.
Elle a pris des photos du village, puis s'en est servie comme modèle pour son tableau. Elle a tout d'abord réalisé un dessin au fusain, puis a passé une couche de fond avant de commencer à peindre. Marie-Rose Kuntzmann a appris la peinture aux cours de l'Université populaire.
« J'aime voyager. Ces vacances en Corse sont un de mes souvenirs préférés ; c'est une très belle région », confie-t-elle, passionnée. « J'ai représenté ce village en fin d'après-midi, ce qui explique que les couleurs soient claires et non foncées. » En effet, cela donne une toute autre dimension au tableau et on s'aperçoit que Marie-Rose a un style plutôt léger et nuancé.
On remarque aussi qu'elle a dû mettre un certain temps pour réaliser son tableau : « environ 20 heures », précise-t-elle. Mais cela peut se comprendre parce que cette vision de village, d'eau et de montagnes compose un paysage que l'on prend plaisir à contempler.

C.M.

© Dernières Nouvelles D'alsace, Mardi 23 Janvier 2007. - Tous droits de reproduction réservés