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Erstein / Couvige des dentellières

Échange de bonnes manières


De la patience, de l'imagination et le talent fait le reste. (Photo DNA)

Selon une tradition qui remonte au XVIe siècle, le couvige réunit les dentellières pour qu'elles puissent échanger sur leur passion. Récemment à Osthouse, une rencontre a rassemblé ces épris des entrelacs.

 Elles sont une quarantaine à venir de l'Alsace et d'au-delà pour se retrouver. De trente ans ou plus, novice ou avec 20 d'expérience, ces passionnées se retrouvent pour échanger sur leurs pratiques. « Couvige vient du latin cum vicinus, qui veut dire « avec les voisins ». C'était des veillées qui réunissaient les dentellières. Elles échangeaient sur leur technique, leurs modèles. Dans nos réunions, nous avons conservé cet esprit : nous exposons notre savoir faire. L'objectif est bien l'enrichissement mutuel », explique Roselyne Coupelon, membre du groupe des dentellières d'Erstein et passionnée de dentelles depuis plus de 10 ans.
 Tissu d'exception, la dentelle fut un temps oubliée. De retour dans les foyers, cette pratique se développe : « La technique de réalisation de dentelles est présente partout en Europe. Elle est actuellement fédérée par un office international situé en Suède. Cette institution regroupe les deux grandes familles de dentelles : la dentelle à l'aiguille et la dentelle aux fuseaux que nous pratiquons », reprend la férue des fils.

Pince à cheveux

 Dans le vaste hall de Project'ill à Osthouse, les tables sont astucieusement installées pour que chacune puisse circuler. A chaque place, on retrouve à peu près le même matériel : un carreau qui reçoit la dentelle, un carton qui sert de modèle, du fil de lin ou de coton, des épingles, des fuseaux pour travailler le fil et une grosse dose de patience et de passion.
 Si une grosse partie des effectifs réside en Alsace, parmi les quarante deux participantes on rencontre une délégation venue des Vosges et une autre, allemande. « Ces échanges sont très enrichissants car nous avons tous nos petits trucs. Ainsi, nous avons découvert qu'en Allemagne, certaines dentellières utilisaient leur pince à cheveux pour maintenir le fil », s'enthousiasme Roselyne.
 Rythmée de rencontres annuelles, la vie des groupes de dentellières semble épanouissante. « C'est une discipline créative qui n'a aucune limite », rappelle Roselyne Coupelon. Après ce rendez-vous, les orfèvres du tissu rentreront en pensant au prochain couvige, mais déjà chacune pense à 2009, année où un important congrès se tiendra en Allemagne. D'ici là, bien des fuseaux se seront entrelacés.

F.M.

© Dernières Nouvelles D'alsace, Jeudi 21 Juin 2007. - Tous droits de reproduction réservés