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Pas si vieilles dentelles


Les démonstrations de « hardanger » (broderie norvégienne) ont attiré des curieuses de tous âges.(Photo DNA - Jean-Paul Kaiser)

 C'est fou ce qu'on peut faire avec un peu de fil ! Une dizaine de passionnées ont attiré des centaines de curieux à la salle de gymnastique d'Erstein ce week-end, pour admirer de la dentelle aux fuseaux, de la broderie norvégienne, du patchwork, des perles ou des oeufs entourés de résille...

 Autour d'une table, quatre femmes à l'ouvrage attirent les visiteurs. Leur spécialité, c'est le « hardanger », la broderie norvégienne. En tant qu'« anciennes » des cours de Chris Couture à Erstein, elles ont répondu à l'appel de leur atelier qui organise tous les ans ce rendez-vous.

Un doux coton

 Pour sa troisième édition, celui-ci file un doux coton avec un public grandissant. « La broderie, ça revient beaucoup, estime l'une des organisatrices, Christiane Schohn. A ses côtés, Viviane Fuhry, passionnée de hardanger, répond à celles qui hésitent à se lancer, ne sachant rien faire de leurs dix doigts. « Mais il faut juste savoir compter jusqu'à quatre ! Après, tenir une aiguille est à la portée de tout le monde... ».
 Et elle montre en exemple Véronique, 34 ans, de Schaeffersheim, qui entreprend avec enthousiasme la confection d'une grande nappe bleue après seulement quatre cours. « Il n'y a rien d'irréalisable, témoigne la jeune femme pour encourager les vocations. J'y suis allée en néophyte... ».
 Quant à la complexité de la pièce entreprise, Véronique explique en riant : « J'avais envie de commencer par quelque chose de difficile, pour me lancer un défi ». Croix de Malte, croix de reprise, un seul point de travers, et c'est la catastrophe. D'où la concentration nécessaire.
 Tout autour de la salle de gymnastique, des trésors de patience accrochent le regard, parfois signés par de très petites mains. Un abécédaire au point de croix de Mathilde Chéry, 11 ans, force l'admiration d'un homme d'âge mûr.
 Avec ses fuseaux, la dentellière Roselyne Coupelon fait fureur. Ersteinoise d'origine, elle est revenue depuis peu dans la cité sucrière après de nombreux déménagements. « J'avais des connaissances en dentelle que j'essaye d'exploiter », raconte-t-elle. Depuis le mois de mars, elle initie cinq élèves à cet art ancien et à ses figures : l'araignée, la coquille...
 « Si vous avez envie de le faire, ce n'est pas compliqué », lance-t-elle avec bonne humeur à une jeune maman en admiration devant son matériel. Elle explique : « Ça se travaille avec quatre fuseaux. On apprend à faire une corde, on en ajoute peu à peu d'autres, en général par multiples de quatre ».
 Roselyne a déjà réalisé une pièce avec 88 fuseaux. Mais elle a une prédilection pour des réalisations miniatures comme ses fleurs en trois dimensions : pétales, tiges et feuilles 100 % dentelle. Elle compte monter un club d'initiation qu'elle appellera « Les dentellières d'Erstein »*.

Charlotte Dorn

* Roselyne Coupelon, Tél: 03 90 00 32 16.

© Dernières Nouvelles D'alsace, Lundi 10 Mai 2004. - Tous droits de reproduction réservés