
Autour d'une table, quatre femmes à l'ouvrage attirent les visiteurs. Leur spécialité, c'est le « hardanger », la broderie norvégienne. En tant qu'« anciennes » des cours de Chris Couture à Erstein, elles ont répondu à l'appel de leur atelier qui organise tous les ans ce rendez-vous.
Un doux coton
Pour
sa troisième édition, celui-ci file un doux coton avec un public
grandissant. « La broderie, ça revient beaucoup, estime l'une des
organisatrices, Christiane Schohn. A ses côtés, Viviane Fuhry,
passionnée de hardanger, répond à celles qui hésitent à se lancer, ne
sachant rien faire de leurs dix doigts. « Mais il faut juste
savoir compter jusqu'à quatre ! Après, tenir une aiguille est à la
portée de tout le monde... ».
Et elle montre en exemple
Véronique, 34 ans, de Schaeffersheim, qui entreprend avec enthousiasme
la confection d'une grande nappe bleue après seulement quatre cours.
« Il n'y a rien d'irréalisable, témoigne la jeune femme pour
encourager les vocations. J'y suis allée en néophyte... ».
Quant
à la complexité de la pièce entreprise, Véronique explique en
riant : « J'avais envie de commencer par quelque chose de
difficile, pour me lancer un défi ». Croix de Malte, croix de
reprise, un seul point de travers, et c'est la catastrophe. D'où la
concentration nécessaire.
Tout autour de la salle de
gymnastique, des trésors de patience accrochent le regard, parfois
signés par de très petites mains. Un abécédaire au point de croix de
Mathilde Chéry, 11 ans, force l'admiration d'un homme d'âge mûr.
Avec ses fuseaux, la dentellière Roselyne Coupelon
fait fureur. Ersteinoise d'origine, elle est revenue depuis peu dans la
cité sucrière après de nombreux déménagements. « J'avais des
connaissances en dentelle que j'essaye d'exploiter »,
raconte-t-elle. Depuis le mois de mars, elle initie cinq élèves à cet
art ancien et à ses figures : l'araignée, la coquille...
« Si
vous avez envie de le faire, ce n'est pas compliqué »,
lance-t-elle avec bonne humeur à une jeune maman en admiration devant
son matériel. Elle explique : « Ça se travaille avec quatre
fuseaux. On apprend à faire une corde, on en ajoute peu à peu d'autres,
en général par multiples de quatre ».
Roselyne a déjà
réalisé une pièce avec 88 fuseaux. Mais elle a une prédilection pour
des réalisations miniatures comme ses fleurs en trois dimensions :
pétales, tiges et feuilles 100 % dentelle. Elle compte monter un
club d'initiation qu'elle appellera « Les dentellières
d'Erstein »*.